EN DIRECT, blocage des lycées : « Les casseurs diabolisent notre action, c’est dommage d’abîmer le lycée mais, nous, on veut se faire entendre » ; plus de 200 établissements perturbés en Ile-de-France ; les transports en commun interrompus à Marseille

Des lycées sont affectés à Paris, Lille, Marseille et Strasbourg, et une trentaine de facultés ont rejoint la contestation sociale. A Nantes, des incendies ont été déclenchés dans trois établissements, selon la préfecture. Sébastien Lecornu a convoqué une cellule de crise interministérielle cet après-midi.


A Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026. - SAMEER AL-DOUMY/AFP
A Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026. SAMEER AL-DOUMY/AFP

A Oullins, près de Lyon, l’agitation continuait de bon matin

Calme instable à Oullins. Ce jeudi matin, dès 7 h 30, plusieurs unités de police surveillent les abords du lycée Parc Chabrières. L’établissement public de 1 600 élèves est fermé depuis la veille, après des dégradations et des affrontements qui se sont prolongés jusque dans le centre de cette ville située à la périphérie sud de Lyon. Des agents patrouillent dans l’enceinte, et en haut des escaliers le personnel scrute la rue, en redoutant de nouveaux incidents. Le portail est fermé par une chaîne.

Vers 7 h 45, la situation se tend soudainement. Un groupe d’une soixantaine de jeunes gens approche, certains avec capuches, masques et gants chirurgicaux, et rejoint la dizaine d’élèves qui étaient en attente. Ils défient les forces de l’ordre qui déploient immédiatement un cordon, avec casques et boucliers. Les jeunes gens hésitent, yeux rivés sur leurs téléphones. Le groupe quitte les lieux en file indienne, jetant quelques bacs de poubelle sur son passage. Une vitre d’Abrisbus est réduite en miettes. Direction le centre d’Oullins, suivis par les policiers. Le jeu du chat et de la souris est parti pour une bonne partie de la journée.

Regroupements, dégradations, affrontements. Ce scénario s’est répété devant une trentaine d’établissements de toute l’agglomération lyonnaise, avec des incidents, plusieurs sérieux, au lycée Lumière, dans le 8e arrondissement, où la façade a été touchée par un feu de poubelles. Une douzaine d’interpellations ont eu lieu dans la matinée dans la métropole de Lyon, selon la préfecture.

La proviseure du lycée Parc Chabrières ne décolère pas. « Si la police n’avait pas été là hier, le lycée aurait été envahi. Il faut insister sur le rôle de la police, elle a évité un carnage », affirme Florence Conio-Minssieux, derrière le portail fermé d’une chaîne — « il a été forcé la nuit précédente, c’était prémédité pour faire irruption dans l’établissement ». Selon la proviseure, « beaucoup de perturbateurs venaient de l’extérieur pour noyauter et casser ». Le lycée avait organisé ce jeudi « un village de l’engagement » avec la présence de 16 associations humanitaires, pour susciter des vocations. « Tout est annulé », se désole la proviseure.

Les lycéens ont une perception différente. « Les casseurs diabolisent notre action, ils viennent même après des matchs du PSG, c’est dommage d’abîmer le lycée, mais nous, on veut se faire entendre », confie un élève de 1re qui s’apprête à manifester. Ses camarades s’échangent des infos via les réseaux sociaux, et dénoncent des scènes d’interpellations musclées. « Ils nous prennent pour des rigolos parce qu’on a 15 ans, au final la BAC ça nous fait pas peur » dit une élève de seconde, qui déplie une pancarte en carton avec un slogan faisant allusion au gaz lacrymogène versus gaz hilarant : « si j’avais voulu me gazer 

📷 Le mouvement des lycéens, vu de Lyon

A Lyon, le 1ᵉʳ octobre 2026.
A Lyon, le 1ᵉʳ octobre 2026.
La façade brûlée du lycée Lumière, à Lyon, le 1ᵉʳ octobre 2026.
La façade brûlée du lycée Lumière, à Lyon, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Les CRS devant l’entrée du lycée Edouard-Herriot de Lyon, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Les CRS devant l’entrée du lycée Edouard-Herriot de Lyon, le 1ᵉʳ octobre 2026.

 accessible plus haut dans ce live, de notre journaliste Sylvie Lecherbonnier, actuellement sur le terrain, donne la parole à des lycéens du lycée Blaise-Cendrars de Sevran (Seine-Saint-Denis). Conditions d’étude dégradées, fort sentiment de relégation, absence d’infirmière dans l’établissement, manque de professeurs… Ils listent des revendications disparates mais bien réelles.

« On manifeste contre les classes surchargées, contre ce gouvernement qui dépense des millions dans des pochettes antitéléphone mais n’investit pas dans du chauffage, des climatisations, les salaires de nos profs, a aussi expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Maëlle, élève de 16 ans au lycée Malherbe de Caen. Certains ont mis le feu à des poubelles, je préférerais qu’ils manifestent par des mots plutôt que par ces actions. »

A Lille, de jeunes manifestants brandissaient un panneau « On veut le bac, pas la BAC ». « L’Etat ne veut pas comprendre que nous, on fait ça pour nos études, pas pour faire le bordel », ont déclaré à l’AFP trois lycéennes lilloises de 15 ans, se faisant appeler Jojo, Léa et Mala.

Nous vous recommandons aussi ce reportage donnant la parole à des lycéens d’Aubervilliers et de Montreuil, deux autres villes de Seine-Saint-Denis :


A Marseille, les bus, les tramways et les métros interrompus en raison des dégradations en marge du mouvement des lycéens

La circulation des bus, des tramways et des métros a été interrompue à Marseille, jeudi, en raison « des déprédations et des agressions de conducteurs » survenues dans la matinée sur le réseau, en marge du mouvement dans les lycées, a annoncé la Régie des transports métropolitains (RTM). « L’exploitation reprendra dès que les conditions le permettront, en lien avec les forces de l’ordre », a précisé la RTM dans un communiqué, ajoutant que l’exploitation du tramway d’Aubagne est également interrompue.

13:01

Les trams interrompus à Strasbourg pour « limiter les mouvements » des manifestants

La circulation des tramways est interrompue à Strasbourg, à la demande de l’Etat, « afin de limiter les mouvements des casseurs et manifestants », a annoncé jeudi le préfet du Bas-Rhin, Amaury de Saint-Quentin, alors que des dégradations se produisent devant plusieurs lycées de la capitale alsacienne. Le préfet a, en outre, interdit jusqu’à vendredi la détention, le transport et l’utilisation de mortiers d’artifice ainsi que le transport de carburant en bidon, selon un communiqué de la préfecture.

Douze personnes ont été interpellées, a ajouté le représentant de l’Etat, faisant état de dégâts « significatifs ». Un magasin d’articles de sport a été « victime de pillages », a-t-il précisé. « Les nombreux casseurs présents à Strasbourg ce matin n’ont rien à voir avec les revendications du mouvement lycéen ni ne sont scolarisés pour beaucoup d’entre eux dans les établissements concernés », a estimé le préfet.

« De nombreux incidents sont toujours en cours auprès des lycées de la circonscription », a affirmé sur X la police nationale du Bas-Rhin, appelant à « éviter le centre-ville », où « de gros mouvements de foule vont se produire cet après-midi ».

La région Ile-de-France chiffre la facture des dégradations de lycées à plus de 1 million d’euros

Dans un point sur la situation dans les lycées franciliens à la mi-journée, jeudi, la région Ile-de-France, présidée par Valérie Pécresse (Les Républicains), a affirmé que plus de 200 lycées étaient perturbés, et qu’une cinquantaine d’entre eux étaient « le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations ».

Une trentaine de portails ou de sas d’entrée de lycées ont été « endommagés totalement ou partiellement » depuis le début des mouvements, a ajouté la région, estimant que la facture des dégradations des lycées franciliens se chiffrait à plus de 1 million d’euros – un chiffre qui sera révisé en début de semaine prochaine.


📷 Le mouvement des lycéens, vu de Strasbourg

Lors du blocage du lycée Louis-Pasteur à Strasbourg, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Lors du blocage du lycée Louis-Pasteur à Strasbourg, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Lors du blocage du lycée Couffignal à Strasbourg, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Lors du blocage du lycée Couffignal à Strasbourg, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Lors du blocage du lycée Couffignal, à Strasbourg, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Lors du blocage du lycée Couffignal, à Strasbourg, le 1ᵉʳ octobre 2026.

A Sevran, professeurs et parents, vigies de la mobilisation

Elève de terminale au lycée Blaise-Cendrars de Sevran (Seine-Saint-Denis), Ilias, costume en lin beige qui tranche avec les jeans et joggings de ses camarades, harangue les élèves massés devant les grilles du lycée, debout sur une table, mégaphone en main en ce jeudi 1er octobre de mobilisation lycéenne. « On est là pour notre avenir, pour que l’école soit un lieu d’avenir », distingue-t-on. Derrière lui, des slogans ont été affichés sur des cartons : « Parcoursup ou on vend des stups », « On manque nos leçons pour vous en faire une », « Gazer les violeurs et pas les mineurs qui veulent être entendus »…

Les revendications sont disparates mais révèlent des conditions d’étude dégradées et laissent transparaître un fort sentiment de relégation. Tous parlent de l’absence d’infirmière dans l’établissement et du manque de professeurs. Agsayan n’a pas eu d’enseignant de français entre décembre 2025 et juin 2026 alors qu’il passait l’épreuve anticipée. « J’ai raté les écrits. On est tombés sur un sujet qu’on n’avait pas vu », se rappelle-t-il. Sokhna et Maïssa, toutes deux en terminale, n’ont pas de professeur d’anglais depuis la rentrée. « Pourtant, les notes comptent pour notre dossier. On est du 93 et on se sent sans cesse rabaissées », affirment-elles. Les emplois du temps mal conçus, le stress de Parcoursup, les locaux délabrés reviennent dans toutes les bouches.

D’autres requêtes plus politiques apparaissent aussi. « La jeunesse emmerde le Front national », entonne Iliass au mégaphone, reprenant ce standard des mobilisations des années 1990. Mohamed est venu drapé dans un drapeau tricolore, choqué d’avoir entendu qu’il n’était pas français, quelques jours plus tôt. Le lycée n’est pas bloqué, mais seuls quelques élèves franchissent les grilles pour se rendre en cours. Des professeurs et des parents d’élèves restent devant les grilles pour protéger et soutenir les adolescents.

Des élus de la ville et la députée de la circonscription, Clémentine Autain, sont également présents. Mardi 29 septembre, la police montée est venue disperser les manifestants. Parents, professeurs et élèves présents se disent choqués des « violences policières disproportionnées » qu’ils ont constatées, deux mères d’élèves affirment avoir porté plainte. L’inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie d’une enquête, selon l’Agence France-Presse.

Alors, quand vers 9 heures, une rumeur se répand au sein des élèves que « les chevaux sont de retour », un mouvement de foule se répand. Certains adolescents sortent les fumigènes pour aller en découdre. « Je leur ai demandé de faire demi-tour. Nous avions cadré les choses avec la préfecture et la police pour dire que la police montée aujourd’hui serait perçue comme une provocation », s’énerve Ludovic Jacquart, adjoint au maire de Sevran chargé de la sécurité.

La relative décontraction du début de matinée est terminée. Des mouvements se produisent de temps à autre au gré de quelques tirs de fumigènes et de mortiers d’artifice. Parents et enseignants arrivent à canaliser pour éviter que cela ne dégénère, tandis que la police se fait discrète. « Il faut se calmer là, il y a déjà deux blessés légers parmi vos camarades », fait savoir la proviseure adjointe à un élève qu’elle pressent perturbateur. « C’est dommage, cela donne une mauvaise image alors que ce sont des gamins formidables qu’il faut écouter », remarque Rémi Dallet, enseignant dans la filière professionnelle. Un peu avant 10 heures, la direction décide d’annuler les cours pour la journée pour permettre la dispersion des élèves.


« On ne tire pas sur nos enfants » 

Près de vingt lycées bloqués dans les Bouches-du-Rhône, incidents en série à Marseille

Dix-huit lycées étaient totalement bloqués dans les Bouches-du-Rhône et trois partiellement, jeudi 1er octobre dans la matinée, selon la préfecture de police. Le mouvement de protestation concerne une quarantaine d’établissements sur le département, avec plus de 4 500 lycéens mobilisés. A ce stade, la préfecture estime à « une quarantaine » le nombre d’interpellations sur les blocages.

Dans la matinée, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui gère les établissements du secondaire, a diffusé un communiqué demandant « la tolérance zéro face au hooliganisme scolaire », évoquant notamment un « cap inacceptable » passé au lycée Victor-Hugo, en centre-ville de Marseille. La collectivité présidée par intérim par Christian Estrosi (Horizon) après la démission de Renaud Muselier (Renaissance) évoque « une tentative d’incendie à l’intérieur de l’établissement » et des incidents visant le proviseur, le proviseur adjoint, la secrétaire générale et le chef d’équipe, « agressés et aspergés d’essence ».

Une version démentie peu après par le rectorat d’Aix-Marseille. « Les proviseurs du lycée Victor-Hugo n’ont pas été directement visés par des jeunes les ayant aspergés. Ils ont été éclaboussés lorsque les individus mettaient de l’essence dans des conteneurs », précise le rectorat. Dans le 15e arrondissement, c’est un véhicule de première intervention des marins-pompiers de Marseille qui a été incendié par des manifestants devant le portail du lycée Saint-Exupéry, alors qu’un fourgon du bataillon était lui aussi pris à partie.

Plusieurs bus de la Régie des transports métropolitains (RTM) ont également été ciblés à proximité des établissements bloqués. La RTM confirme qu’un de ses véhicules a été incendié aux abords du lycée La Floride (14e).


Le mouvement des lycéens, vu par le photographe Camille Millerand

Devant le lycée Suger à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant le lycée Suger à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant le lycée Suger à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant le lycée Suger à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant le lycée Suger à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant le lycée Suger à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant le lycée Suger à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant le lycée Suger à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026. es blocages des lycées.
12:12

En pleine mobilisation lycéenne, le gouvernement prévoit de faire payer aux étudiants non boursiers l’inscription en BTS et en CPGE

Le gouvernement prévoit, pour les étudiants non boursiers, de faire payer 178 euros de droits annuels en BTS et 270 euros pour ceux en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), selon le projet de loi de finances (PLF) consulté jeudi par Le Monde. La « gratuité » actuelle de ces formations « constitue une singularité au sein de l’enseignement supérieur », justifie le gouvernement pour introduire ces sommes, qu’il qualifie de « modiques ».

Seront exemptés de ces droits d’inscription les étudiants boursiers, les pupilles de la nation et de la République ainsi que les étudiants ayant le statut de réfugié ou de demandeur d’asile. Les étudiants en CPGE doivent déjà s’inscrire en même temps à l’université, pour laquelle les non-boursiers s’acquittent de frais autour de 180 euros.

« Le gouvernement provoque la jeunesse étudiante », a réagi en retour le leader « insoumis » Jean-Luc Mélenchon, qui juge cette mesure « absurde et irresponsable ». « Sébastien Lecornu choisit le moment de la mobilisation des jeunes des lycées et des universités pour aggraver l’injustice sociale dans les études. Cette provocation montre bien qui est responsable de la révolte des jeunes », a insisté sur X le candidat à la présidentielle.

12:07 En photos

📷 Le mouvement des lycéens, vu depuis Lille

A Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026.
A Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Des policiers tirent une grenade lacrymogène en direction d’étudiants manifestant, à Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Des policiers tirent une grenade lacrymogène en direction d’étudiants manifestant, à Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026.
A Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026.
A Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026.
A Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026.
A Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026.
12:03

Trois établissements incendiés à Nantes : la préfecture déplore que des « individus violents » soient venus « s’agréger aux lycéens »

Le rectorat de l’académie de Nantes a confirmé, jeudi, que l’entrée du lycée Nelson-Mandela, dans le centre de la préfecture de la Loire-Atlantique, avait été incendiée. « Neuf établissements » ont subi des dégradations et « des incendies ont été déclenchés sur trois établissements de la ville de Nantes », a ajouté la préfecture du département, qui évoque des dégâts « importants ». « Les forces de l’ordre ont procédé à 18 interpellations sur tout le département », selon la même source.

La préfecture a constaté, jeudi, « des actes de violence aux abords des lycées », principalement à Nantes. Elle pointe « des individus violents » venus « s’agréger aux lycéens pour commettre des dégradations ».

Situé sur l’île de Nantes, le lycée public polyvalent Nelson-Mandela accueille plus de 1 700 élèves et étudiants, selon son site Internet. « A la suite d’un rassemblement marqué par des violences en direction des personnels, (…) les personnels et les élèves ont été évacués, les forces de l’ordre et les pompiers se sont rendus sur place, le feu a été maîtrisé », a affirmé le rectorat, en soulignant que « les dégradations sont en cours d’expertise ».

11:52 Sur le terrain

A Lille, une manifestation conjointe prévue à midi place de la République

A Lille, les lycées sont fermés. Les étudiants de Lille-II – en droit, principalement – ont rejoint le mouvement. Le doyen a fermé la fac.

Tôt jeudi matin, la police est intervenue avec des tirs de lacrymogène devant le lycée Faidherbe, qui comporte aussi des classes de prépa publiques. Des vitres d’Abribus ont été cassées, des poubelles incendiées au milieu de la chaussée. On aperçoit de grosses fumées derrière l’une des stations du métro aérien non loin de là.

Un rendez-vous a été donné à 12 heures pour une manifestation conjointe des différents lycées, place de la République, c’est-à-dire devant la préfecture. 

Florence Traullé (Lille, correspondante)
11:47 Sur le terrain

📷 L’université Paris-VIII se joint au mouvement des lycéens

Devant l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Devant l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, le 1ᵉʳ octobre 2026.
Camille Millerand (photographe)
11:44 Pour approfondir

Reportage en banlieue parisienne, où les élèves veulent se faire entendre sur leur quotidien et « contre l’injustice »

Le Monde s’est rendu devant les lycées Le Corbusier d’Aubervilliers et Jean-Jaurès à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, où les lycéens nient l’instrumentalisation politique et dénoncent le manque de moyens. Ils expriment leur sentiment de relégation par rapport aux établissements de la capitale.

Blocage des lycées : en banlieue parisienne, les élèves veulent se faire entendre sur leur quotidien et « contre l’injustice »

Par Rémi Ducasse, Eléa Pommiers
Le mouvement lycéen continue à prendre de l’ampleur. Des actions ont été recensées dans près de 410 établissements dans toute la France, mardi 29 septembre, soit plus de 11 % des lycées publics et privés du pays. L’Union syndicale lycéenne avait appelé à généraliser la mobilisation à l’occasion de la journée de grève dans la fonction publique, après déjà une semaine de manifestations et de blocages sporadiques dans la banlieue parisienne. Le ministère de l’éducation nationale a fait état de « 45 blocages totaux » et « 46 tentatives de blocage ».

Nouvelle journée de blocage des lycées un peu partout en France, une trentaine de facultés rejoignent le mouvement

    Pas moins de 356 lycées étaient soumis mercredi à un blocage, au moins partiel, contre 338 mardi à la même heure, a fait savoir le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, en conférence de presse. La mobilisation, partie de plusieurs lycées de banlieue parisienne, s’étend à toute la France.

    • Les lycéens se mobilisent pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens, la rénovation des établissements et des conditions d’apprentissage « décentes », et veulent alerter sur la pression générée par le logiciel Parcoursup.

    • Le gouvernement craint une aggravation des tensions. Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés, selon le ministre de l’intérieur. Côté éducation nationale, 119 personnes ont été blessées, dont 34 personnels, depuis le début des mobilisations. « C’est inédit dans l’éducation nationale », a déploré le ministre, Edouard Geffray.

    • Le hall du lycée Nelson-Mandela, dans le centre de Nantes, a été détruit par un incendie, jeudi matin, lors du blocage de l’établissement. Un « incendie volontaire », dont l’origine n’a pas été précisée, a été déclenché et s’est propagé sur la façade du lycée avant d’être maîtrisé, a déclaré à l’Agence France-Presse la proviseure adjointe, Gaëlle Cordier.