manifestations du 17 octobre : la CGT annonce 500 000 manifestants en France, où des cortèges paisibles côtoient de nombreuses scènes de chaos
Dans la capitale, mais aussi à Lille, Lyon et Marseille, de fortes tensions ont été signalées par nos journalistes sur le terrain. Des destructions ont aussi été observées dans les grandes villes
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Sur les derniers mètres du boulevard du Temple, aux abords de la place de la République, une foule jeune et souvent habillée en noir tire des feux d’artifice en direction des forces de l’ordre, qui essaient tant bien que mal de laisser approcher les pompiers qui viennent évacuer des blessés sous les acclamations.
Certains s’esclaffent en disant : « J’veux m’faire charger » par la police. Lors des tirs de grandes lacrymogènes, tous s’enfuient malgré les injonctions d’habitués qui leur lancent : « Ne courez pas. » Certains manifestants, âgés, brandissent des drapeaux appelant à la révolution en scandant : « Unité, unité ! » Personne ne les écoute.
Après la dispersion des gaz, tout le monde essaie de retourner sur la place de la République.
A Rennes, fin de manifestation mouvementée : « Des violences ? Mais qui sont les violents ? »
Anne, la quarantaine, se dresse face à une ligne de gendarmes qui bloque l’accès à la place de la République à Rennes (Ille-et-Vilaine). Depuis 15 heures, la capitale bretonne baigne dans la confusion et le gaz lacrymogène. Anne observe les forces de l’ordre utiliser un camion à eau pour faire reculer des centaines de manifestants violents. Ces derniers ramassent des pavés pour les jeter. Les forces de l’ordre chargent.
Anne hurle : « Vous faites n’importe quoi avec vos armes de guerre. Pour quelques casseurs, vous chargez et nous empêchez de manifester ! » La rangée de gendarmes reste stoïque aux invectives. Une retraitée vêtue d’un chemisier rose s’approche avec des capsules de grenades lacrymogènes et abonde : « Regardez ce que vous jetez sur nos enfants. Marre des violences policières. Honte à vous ! »
Jean-Pierre, un retraité, s’interpose : « Vous dites n’importe quoi ! Les flics font ce qu’ils peuvent. Rennes est un champ de bataille. Vous parlez de violences ? Mais qui sont les violents ? » Le trio se lance dans une discussion de sourds. Le ton monte.
Soudain, de nouveaux jets de grenades lacrymogènes claquent au loin en réponse à des tirs de mortiers d’artifice. Les affrontements ont désormais lieu en tête du cortège composé d’au moins 10 000 personnes. Les gendarmes chargent avant de reculer, visiblement dépassés. Des manifestants violents les coursent. A 17 h 30, de violents affrontements se poursuivent dans Rennes.
Des milliers de manifestants ont défilé pacifiquement dans les rues de la préfecture du Doubs, samedi. Au départ de la place de la Révolution, noire de monde dès 14 heures, les rangs se sont étoffés durant la déambulation, sous les sourires et les bravos de certains commerçants. Au moins 5 000 personnes étaient présentes selon un premier compte réalisé par la radio locale ICI Besançon.
Le cortège composé de lycéens, d’étudiants mais aussi de familles avec enfants et de personnes âgées ou de personnes en fauteuil roulant a traversé la ville en passant sous la citadelle et s’est arrêté aux alentours de 16 h 15 dans la rue de la Préfecture.
Depuis, des jeunes essentiellement lycéens et étudiants, jouent au chat et à la souris avec les forces de l’ordre. Ils crient « ACAB », « tout le monde déteste la police », tirent des feux d’artifice… Une poubelle a pris feu. En face, des tirs de gaz lacrymogène ont été réalisés par les forces de l’ordre devant la porte de la préfecture. L’excitation est palpable, les téléphones portables brandis haut pour immortaliser la scène et la poster sur TikTok, certains crient : « Révolution ! » La rue refoule progressivement.



































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