martedì 6 ottobre 2026

pc 6 ottobre - Francia in lotta oggi - prime info - nei prossimi due giorni report e materiali diretti

Blocage des lycées: 450 000 personnes ont défilé dans toute la France selon les organisateurs, 256 000, selon le ministère de l’intérieur

Le cortège parisien a réuni mardi 56 000 manifestants, a annoncé le ministère de l’intérieur ; les organisations lycéennes et étudiantes organisatrices (USL, FAGE, Union étudiante, UNEF) estiment quant à elles qu’ils étaient 100 000.

Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026. - ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »
Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026

Les réactions politiques se multiplient, tandis que la journée de mobilisation s’achève

Les réactions politiques se sont multipliées, alors que la journée de mobilisation s’achève ce mardi.

Le leader de La France insoumise et candidat à l’Elysée, Jean-Luc Mélenchon, a salué la « discipline » d’une « jeunesse levée pour son avenir » et « maîtrisée ».

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure a, lui, dénoncé un pouvoir qui a « méprisé » la jeunesse et « lui a opposé uniquement la force et la violence policière ».

Pour le Rassemblement national, Marine Le Pen a, de son côté, promis de rétablir la « sécurité » dans les lycées face à une violence « qu’on a laissée entrer », selon elle, dans les établissements.


Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026.

Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026.
Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026.

Place de la Nation à Paris, la manifestation n’est pas tout à fait terminée

Le soleil commence à disparaître derrière les immeubles, place de la Nation, mais la manifestation n’est pas tout à fait terminée. Les manifestants sont désormais beaucoup moins nombreux, mais plusieurs dizaines restent encore sur la place, tandis que les forces de l’ordre maintiennent leur dispositif tout autour.

Des CRS expliquent à des passants qu’ils cherchent désormais à faire « rentrer chez eux » les derniers manifestants. Les rues qui encerclent la place restent très difficiles à emprunter, largement occupées par les véhicules des forces de l’ordre.

A côté des camions de CRS, certains policiers commencent à se restaurer, signe que le dispositif pourrait encore durer. Malgré la baisse progressive du nombre de manifestants, l’atmosphère reste chargée. Du côté de la station de métro Avron, à quelque 300 mètres, une nouvelle Marseillaise retentit, reprise par les dernières personnes présentes sur la place. « On n’est pas fatigués », chantonnent d’autres manifestants, visiblement décidés à rester.

40 % des établissements de l’enseignement supérieur ont été perturbés mardi, selon le ministère

Environ 40 % des établissements de l’enseignement supérieur publics ont été perturbés mardi, selon le ministère. Ce chiffre prend en compte les établissements publics qui ont été bloqués, bloqués partiellement, fermés administrativement ou occupés.

L’Union étudiante, deuxième organisation étudiante représentative, avait annoncé plus tôt dans la journée « 100 % des facs » mobilisées.

Le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, doit recevoir mercredi les organisations professionnelles puis les organisations étudiantes, selon le ministère et les syndicats. « On veut des garanties réelles sur les dix mesures qu’on a présentées », a affirmé auprès de l’Agence France-Presse Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante.

Parmi les dix mesures, figurent notamment la fin de la « sélection via Parcoursup et Mon Master », la « création de 250 000 places dans l’enseignement supérieur », « une refonte des rythmes scolaires », « revenir sur la réforme du bac », l’« embauche massive de personnels éducatifs, de santé, d’accompagnement et d’orientation » pour avoir une infirmière scolaire pour 500 élèves.

L’Union syndicale lycéenne (USL), Solidaires étudiant·es, l’UNEF et la FAGE ont signé cette pétition.


Place de la Nation à Paris, 

Sit-in devant les forces de l’ordre, place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026.
Sit-in devant les forces de l’ordre, place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026.

Autour du Triomphe de la République, la statue qui se dresse au centre de la place de la Nation à Paris, plus d’une centaine de manifestants se sont assis sur la pelouse et la sculpture. Face à eux, un groupe de CRS les surveillent sans tensions apparentes, certains ayant même relevé les visières de leurs casques.

Les chants se succèdent dans une atmosphère très tranquille, notamment plusieurs Marseillaise. Au-delà du jardin de Marianne, où se trouve la statue, la place se vide peu à peu et les mouvements de foule liés aux charges de CRS, encore nombreux il y a trente minutes, se font maintenant rares.

En AG enseignants à Marseille : « Il faut une nouvelle journée d’action dès jeudi »

A Marseille, après le très dense défilé de la matinée qui a réuni 30 000 personnes selon les organisateurs (4 800 selon la préfecture de police), une partie des lycéens ont poursuivi la manifestation de façon autonome tout au long de l’après-midi. Un cortège indépendant contre lequel les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes à plusieurs reprises.

Parallèlement, réunis en assemblée générale (AG) à la bourse du travail, près de 300 représentants et adhérents des syndicats enseignants, personnels éducatifs, mais aussi étudiants et élèves ont débattu de la suite à donner au mouvement. L’assemblée s’est conclue par un vote massif sur la nécessité d’étendre rapidement la mobilisation. « Nous appelons (…) à manifester à nouveau jeudi dans les rues de Marseille », assure le communiqué final.

Les enseignants mobilisés ont appris au cours de l’AG la décision du premier ministre, Sébastien Lecornu, de suspendre les cours jusqu’à samedi et de créer un « temps démocratique » au sein des établissements. Une annonce aux contours encore flous qui suscite la méfiance. Paul Gautherot, professeur de mathématiques et adhérent Sud-Education, y voit « juste une façon de garder les lycéens sous contrôle ».

A Mayotte, des manifestations dans sept lycées sur onze ; un lycée fermé à la suite de menaces de mort

A Mayotte, les lycéens de sept établissements, sur les onze que compte l’archipel, ont participé à cette journée nationale de protestation.

Des affrontements ont perturbé dans la matinée les rassemblements dans trois lycées. Selon le rectorat de Mayotte, des jeunes qui ne sont pas scolarisés dans ces établissements sont venus attaquer des élèves ; des violences liées à des conflits récurrents entre villages. Par ailleurs, à Sada, le lycée a été fermé sur décision du rectorat à la suite de menaces de mort, proférées sur les réseaux sociaux, visant des élèves et du personnel de l’établissement.

A Mayotte, les revendications des lycéens rejoignent celles de ceux de l’Hexagone sur les conditions d’enseignement dégradées, avec toutefois des spécificités. Les élèves mahorais se plaignent avant tout de l’amplitude des journées de cours. En raison des bouchons quotidiens, beaucoup partent très tôt le matin en bus, et ne rentrent chez eux qu’en début de soirée. Les lycéens réclament en outre le renforcement de la présence des forces de l’ordre aux abords de leurs établissements afin de lutter contre les violences et les conflits entre bandes.

A Paris, l’opposition de droite claque la porte d’un débat sur le mouvement lycéen

 le maire de la capitale a demandé « que les violences et agressions visant les personnels éducatifs, les agents publics et les membres des forces de l’ordre, ainsi que les dégradations, soient condamnées sans ambiguité », mais aussi « que soient condamnées sans ambiguïté et avec une grande fermeté les violences policières subies par les lycéennes et lycéens ».

Ce dernier point a suscité la colère des élus de LR. « Parler de violences policières, c’est une outrance, ce n’est pas un vocabulaire employable dans notre hémicycle et nous en sommes choqués », a dénoncé Grégory Canal, en critiquant ce texte, « inique, indigent », avant de quitter la salle en compagnie des élus de son groupe présents.

Fin de manifestation à Tours : « Petit à petit, on arrive à prendre de l’ampleur »

La manifestation en soutien aux lycéens, à Tours, partie en début d’après-midi de la place de la Liberté, s’est achevée après environ deux heures de défilé dans le centre-ville, dans une ambiance chaleureuse et conviviale, sans débordement.

« On arrive à être écoutés par d’autres gens. Petit à petit, on arrive à prendre de l’ampleur », se réjouit Sohan, élève interne au lycée Grandmont, aux côtés de plusieurs adultes venus soutenir le mouvement. « L’espoir est compliqué à avoir en ce moment, mais il faut continuer d’aller en manif. Sinon, on est perdus d’avance », explique Aurélie, directrice commerciale de 37 ans.

Peu après la fin de cette manifestation, un second cortège, composé principalement de jeunes, s’est élancé sur le même parcours. Les participants scandaient des slogans visant Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, ainsi que des slogans hostiles à la police.

Certains manifestants ont ouvertement exprimé leur mécontentement envers les CRS présents dans une rue adjacente à la rue Nationale, où ils défilaient. D’autres participants les ont appelés à « avancer », afin d’éviter une confrontation avec les forces de l’ordre.

Place de la Nation à Paris, la tension monte par vagues

Les forces de l’ordre envoyant du spray au poivre aux manifestants ripostant à l’eau, place de la Nation à Paris, le 6 octobre 2026.
Les forces de l’ordre envoyant du spray au poivre aux manifestants ripostant à l’eau, place de la Nation à Paris, le 6 octobre 2026.

La situation reste difficile à lire, et particulièrement tendue par moments, place de la Nation. Un camion à eau a été déployé face aux manifestants, tandis que des projectiles ont été lancés de la foule. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène.

La tension monte par vagues : quelques minutes de face-à-face tendu, des détonations, des mouvements de foule, puis une accalmie. A plusieurs reprises, les manifestants reculent avant de revenir vers la place. Les forces de l’ordre maintiennent leur dispositif par petits groupes.

Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026.
Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026
Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026.
Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026.
Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026.
Place de la Nation, à Paris, le 6 octobre 2026

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