giovedì 5 novembre 2026

pc 5 novembre - sciopero generale 1 milione e 500.manifestanti - prime informazioni

 




dalla stampa borghese

La CGT estime que les mobilisations ont réuni près de 1,6 million de personnes, dont 350 000 à Paris. 

Arrivée du cortège à Place de la Nation, à Paris, le 5 novembre 2026. - AGNÈS DHERBEYS/MYOP POUR « LE MONDE »
Arrivée du cortège à Place de la Nation, à Paris, le 5 novembre 2026.

Le ministère de l’intérieur fait état de « cortèges qui se sont globalement bien déroulés », malgré des tentatives « de les faire dégénérer » dans certaines villes

Selon Beauvau, la majorité des « cortèges (…) se sont globalement bien déroulés », observant toutefois que dans plusieurs villes, dont Rennes, Marseille, Nantes, Lyon, Bordeaux ou encore Strasbourg, « des groupes à risque, composés à chaque fois de plusieurs centaines de militants radicaux et d’ultragauche, se sont constitués et ont tenté de faire dégénérer les cortèges et/ou de pénétrer dans les périmètres interdits et notamment dans les centres-villes ».

Selon le ministère, ces groupes « ont été systématiquement entravés dans leur volonté de passer à l’acte mais ont fait preuve d’une grande violence vis-à-vis des policiers et gendarmes engagés », relevant des jets de projectiles et des tirs de mortiers d’artifice notamment.

A Toulouse − qui a fait l’objet d’un refus des syndicats d’emprunter le parcours excentré de la préfecture − « des incidents extrêmement violents » ont eu lieu. A Strasbourg, l’effigie d’un CRS porteuse des lettres « CRS SS », « qui aurait été conçue par les élèves de la haute école d’art de la ville, a été mise à feu ».

A 18 heures, 448 personnes ont été interpellées et 53 membres des forces de l’ordre ont été blessés, selon le ministre, qui n’a pas donné de détails sur la gravité des blessures ni communiqué sur le nombre de manifestants blessés.

Dans son communiqué sur le bilan de la journée, Beauvau estime à 575 000 le nombre de manifestants en France, dont 65 000 dans la capitale. Aussi, le ministère de l’intérieur a recensé 193 actions, contre 227 samedi 31 octobre, 289 le 24 octobre et 430 le 17 octobre.


De son côté, la CGT estime que les mobilisations ont réuni 1 573 000 personnes, dont 350 000 à Paris. Outre la capitale, 150 000 personnes étaient réunies à Marseille, 120 000 à Bordeaux, 100 000 à Lille, 80 000 à Toulouse, 55 000 à Lyon, 35 000 à Nantes et Rennes, estime le syndicat.

Pour rappel, les manifestations à l’appel des différents organisateurs (intersyndicale de la jeunesse, coordination nationale des « gilets jaunes », CGT…) ont mobilisé, samedi 31 octobre, entre 320 000 et 500 000 personnes ; samedi 24, entre 410 000 et 800 000 et le 17 octobre, 550 000 et 800 000 personne

lyon

 

Un mannequin à l’effigie d’un CRS brûlé à Strasbourg ; Laurent Nuñez demande au préfet de signaler les faits à la justice

 Céline Esen, avocate, la massification des gardes à vue « est terrible pour notre état de droit qui connaît des dérives jamais vues »

Des avocats du syndicat des avocats de France ont enfilé leurs robes noires pour rejoindre le cortège. « C’est en soutien au mouvement lycéen et surtout pour dénoncer la répression que subit ce mouvement sur le plan judiciaire, que nous constatons nous-mêmes ces derniers temps », explique Me Céline Esen, avocate pénaliste de 33 ans au barreau de Paris qui évoque notamment les 8 000 gardes à vue, majoritairement de mineurs pour le premier mois du mouvement lycéen. « Elles ne servent pas à grand-chose sauf à traumatiser toute une génération. C’est terrible non seulement pour eux mais pour notre état de droit qui connaît des dérives jamais vues avec en outre l’utilisation de lois antiterroristes désormais pour assigner à résidence des manifestants ! »

Elle dénonce également le fait que les avocats parisiens n’aient pas eu accès aux geôles pour constater les conditions de détention ou encore des condamnations de jeunes gens alors « qu’il n’y avait rien dans le dossier ! » « Une fièvre répressive s’est emparée de tout le système policier et judiciaire, avec chaque jour une surenchère, renchérit Me Romain Ruiz, avocat au barreau de Paris. Nous ne devons pas l’accepter et commencer de nous habituer au fascisme qui pourrait arriver au pouvoir l’an prochain. Il faut le dénoncer dans la rue comme dans les tribunaux ».

 pancarte : « Plus besoin de mec, plus besoin de copine, c’est l’État qui nous baise. »

Vu dans la manif: "quand tout sera privé, on sera privé de tout"

Une pancarte à Bordeaux avec un seul mot : Lacrymocratie

À Paris : "Quitte à être une goutte d'eau, autant être celle qui fait déborder le vase !"

PARIS | La fin du cortège atteint la place de la Nation, bondée et toujours calme

La fin du cortège arrive enfin place de la Nation, suivie par une cinquantaine de gendarmes à pied et une longue double file de camions de gendarmerie. L’ambiance est encore festive.

Un départ de feu a été signalé sur la place, mais il a rapidement été éteint par les pompiers. Les forces de l’ordre ont procédé à quelques tirs de gaz lacrymogène et à au moins une charge pour évacuer la zone autour.

Le calme revient presque immédiatement lorsque les forces de l’ordre se replient. La place est noire de monde, des enceintes crachent de la musique très fort, et certains manifestants quittent le rassemblement en prenant le métro à la station Nation, gardée ouverte.


Le drapeau bleu-blanc-rouge est noué en cape sur le dos de nombreux manifestants, comme sur celui d’Ismaël, lycéen de 16 ans. « Ces derniers temps, c’est plutôt les fachos qui les réutilisent. Moi je suis arabe, et je trouve qu’il faut qu’on se le réapproprie, pour ne pas le laisser au RN ».

Ismaël, avec le drapeau sur le dos, à Paris, le 5 novembre 2026.
Ismaël, avec le drapeau sur le dos, à Paris, le 5 novembre 2026

Pour Louis, développeur informatique de 29 ans, c’est d’abord « un symbole révolutionnaire, et face à l’extrême droite, c’est plus que jamais le moment de le rappeler ! » Il est venu pour « faire entendre sa voix, montrer que le peuple existe et ne plus voir ces évènements à travers le prisme déformant des réseaux sociaux et de certains médias ».

Louis, à Paris, le 5 novembre 2026.
Louis, à Paris, le 5 novembre 2026.
Aline Leclerc
Nicolas, Lionel, Mateo, Brice, Tiphaine, grévistes de Disney, à la manifestations de Paris, le 5 novembre 2026.
Nicolas, Lionel, Mateo, Brice, Tiphaine, grévistes de Disney, à la manifestations de Paris, le 5 novembre 2026.

L’augmentation anticipée du smic dès le 1er décembre, avec un coup de pouce, évoquée par le gouvernement pourrait-elle les satisfaire ? « Le truc, c’est que le smic c’est que pour les débutants chez nous, et nous, on est un peu au-dessus désormais donc on ne sera pas concernés », répond-il. Il gagne 1 730 euros nets par mois (contre 1 478 euros nets pr le smic). « Ce qu’on aimerait c’est que le gouvernement nous entende, qu’on oblige nos entreprises à augmenter les salaires, et une vraie baisse des prix de l’essence ! »


Le principe d’encerclement d’un groupe de manifestants figure au schéma national du maintien de l’ordre, au point 3.1.4. Il se justifie, selon le texte, pour « éviter le recours à des techniques de maintien de l’ordre pouvant présenter des risques supérieurs d’atteinte aux personnes ». Aujourd’hui, il n’est pas illégal, mais strictement encadré.

En 2021, le Conseil d’Etat avait bien demandé la suppression de cette « technique des nasses », considérant qu’elle était « susceptible d’affecter significativement la liberté de manifester et de porter atteinte à la liberté d’aller et venir ». A la suite de cette décision, le ministère de l’intérieur avait mis à jour son schéma national du maintien de l’ordre en décembre 2021.

Désormais, l’encerclement d’un groupe de manifestants doit « systématiquement ménager un point de sortie contrôlé pour ces personnes ». Le texte précise que cette « technique de la nasse » ne peut être utilisée que « pendant une durée strictement nécessaire et proportionnée » et doit dans tous les cas être levée dès la fin de la manifestation ou de l’attroupement. Ces critères restent toutefois à l’appréciation des forces de l’ordre, et apparaissent trop vagues aux yeux de nombreux juristes.


PARIS | Des slogans critiquent CNews : « A force d’être trop démocrate avec ceux qui sont contre la démocratie, on finit par laisser arriver le fascisme

Dans la manifestation parisienne, on observe de plus en plus de pancartes critiquant directement la chaîne CNews, plusieurs en référence directe à la pétition déposée sur le site de l’Assemblée nationale demandant la « suppression de la chaîne de l’audiovisuel français » – elle avait recueilli jeudi à 17 h 30 plus de 898 000 signatures.

A Paris, le 5 novembre 2026.
A Paris, le 5 novembre 2026.

« Je trouve horrible les propos qui sont tenus sur cette chaîne, témoigne Sylvain, ouvrier offset de l’imprimerie à la retraite qui brandit une pancarte “Dissolution de la chaîne de TV raciste Cnews” et a signé la pétition. Et puis c’est contre Bolloré, qui est derrière et soutient l’extrême droite en rachetant médias, maison d’édition etc. Le racisme n’est pas une opinion mais un délit, faudrait un peu faire la distinction ! A force d’être trop démocrate avec ceux qui sont contre la démocratie, on finit par laisser arriver le fascisme ! Alors j’espère qu’ils vont ouvrir un débat à l’Assemblée ! »

Sylvain, à Paris, le 5 novembre 2026.
Sylvain, à Paris, le 5 novembre 2026.

Un peu plus loin, Obisk, artiste de 42 ans, a réalisé un dessin de Grouchat, le présentateur de Téléchat, émission jeunesse de la télévision des années 1980 avec le slogan « Vrai JT, no Cnews ». « Évidemment qu’on a signé la pétition, mais vous pensez que ça a une chance de marcher ? » Le dépassement du seuil des 500 000 signatures permet en effet que les députés puissent organiser un débat dans l’hémicycle sur le sujet.

Obisk, à Paris, le 5 novembre 2026.
Obisk, à Paris, le 5 novembre 2026.

PARIS | Le rejet de l’extrême droite, un thème important pour les manifestants 

LYON | Des manifestants sérieusement blessés et choqués à la suite d’une nasse policière

Plusieurs manifestants ont été sérieusement blessés et choqués au cours d’une nasse opérée par la police, vers 15 h 30, square René Bayet, dans le 8e arrondissement de Lyon. La scène s’est produite une heure environ après la dispersion officielle de la manifestation qui a rassemblé plus de 30 000 participants, 55 000 selon l’intersyndicale. Des cordons policiers ont repoussé des groupes de manifestants avec des grenades lacrymogènes, pour les inciter à se disperser plus rapidement en remontant l’avenue Berthelot.

« Nous avons vu un barrage en amont, alors on a pris une rue à gauche et on s’est retrouvés devant une autre rangée de policiers, ils ont chargé sur nous, on n’avait rien fait, ça a été très violent », témoigne une quadragénaire qui a vu « les jeunes courir et tomber » et parle de « cinq manifestants qui ont dû se faire soigner ». Plusieurs témoignages font état de « violents coups de matraque ». « Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie », dit un étudiant, tout pâle, après la charge.

« On faisait la chenille dans la bonne humeur, ils ont voulu vider la place avec des grenades de désencerclement », dit un autre, un bandeau sur la tête, alors qu’un de ses camarades tient un bandage sur sa main, après un « coup de matraque ». Prise dans cette nasse, une trentenaire raconte avoir pris « trois coups de matraque à la tête, à l’épaule et aux fesses ».

Une autre charge a provoqué des blessés, plus tôt dans la manifestation, au niveau de la station de métro Garibaldi, selon des témoignages recueillis par Radio France. Alors que la police cherchait à stopper une attaque de black blocs sur une vitrine de banque, des manifestants pacifiques ont reçu coups et grenades alors qu’ils étaient placés contre le cordon syndical.

Selon les autorités, des « groupes hostiles » n’ont cessé de perturber le cortège, ce qui a nécessité plusieurs « interventions compliquées », pour limiter violences et dégradations. La journée s’est soldée par 5 commerces dégradés, 24 interpellations, et 40 blessés, dont 34 membres des forces de l’ordre, selon le bilan de la préfecture. Le bilan des blessés parmi les manifestants pourrait être plus important, selon les témoignages recueillis par Le Monde.


AUXERRE | Un millier de manifestants et des tracteurs : « On a les mêmes soucis dans l’agriculture que dans la société en général »

Les deux tracteurs rouges plantés de drapeaux jaunes de la Confédération paysanne font une arrivée remarquée sur la place de l’Arquebuse d’Auxerre (Yonne), au départ de la manifestation. Au volant, les frères Baptiste et Antoine Rouger, 32 et 26 ans, qui ont repris ensemble la ferme de leur père, des céréales bio qu’ils transforment en farine et pain.

Ils ont laissé les semis en plan pour être là. L’aîné, Baptiste, a embarqué son fils de deux ans. Il était déjà là les samedis précédents. A chaque fois, c’est une demi-journée de travail de perdue. « Mais c’est important de montrer notre présence, considère-t-il. On a les mêmes soucis dans l’agriculture que dans la société en général. »

Dans le cortège auxerrois, ils sont un millier. Un chiffre qui satisfait Eric Beaujean, secrétaire départemental de la CGT de l’Yonne. On trouve des fonctionnaires, des étudiants, des retraités, des cadres du privé, quelques lycéens… L’ambiance est festive, les visages souriants, qui tranchent avec la gravité des revendications.

Surveillante dans un établissement classé en REP de Migennes, Célestine, 23 ans, a fabriqué une pancarte sous forme de BD sur laquelle elle a écrit tous ses griefs : « J’ai 23 ans et je m’inquiète pour mon avenir, c’est pour ça que je fais grève. » Une journée de grève qui pèse lourdement sur son salaire de 1 153,29 euros par mois, qu’elle connaît à la virgule près. Sans compter le prix de l’essence qu’elle a dû mettre dans sa vieille voiture pour venir de Joigny, à 30 kilomètres. « Mais j’estime que faire grève et manifester restent le seul moyen de se faire entendre », dit-elle, en évoquant tous les autres « petits grévistes comme elles » qu’elle imagine être en train de défiler dans les rues, partout en France, au même moment.

Célestine, 23 ans, à Auxerre, le 5 novembre 2026.
Célestine, 23 ans, à Auxerre, le 5 novembre 2026.

 « On fait caca sur Bardella, pipi sur les nazis, popo sur les fachos… et on gerboule sur Odoul [du nom du député de l’Yonne et porte-parole du RN, Julien Odoul] ».

Gwen, à Auxerre, le 5 novembre 2026.
Gwen, à Auxerre, le 5 novembre 2026.

Sébastien Lecornu réunit une « conférence sociale » entre syndicats et patronat lundi

Dans un communiqué de presse, les services du premier ministre ont annoncé réunir les organisations de salariés et patronales lundi lors d’une « conférence sociale » pour « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires », enjeu au cœur des mobilisations sociales depuis plusieurs semaines.

Le chef du gouvernement a demandé au ministre du travail Jean-Pierre Farandou « de finaliser d’ici dimanche les concertations qu’il mène depuis plusieurs jours » sur ces sujets, ajoute Matignon. Le ministre de l’action et des comptes publics David Amiel « poursuit » par ailleurs « ses échanges avec les représentants des agents de la fonction publique ».

PARIS | Des blessés, notamment à la tête, au cours de la charge policière boulevard Voltaire

Plusieurs personnes ont été blessées au cours des charges policières à l’avant du cortège, plus tôt dans l’après-midi, selon un de nos journalistes sur place.

Il a été témoin de blessures à la tête sur au moins trois jeunes, au niveau du boulevard Voltaire.

Ils étaient soignés par des street médics, comme l’a aussi montré une vidéo du journaliste indépendant Luc Auffret postée sur X, qui évoque, lui, au moins six blessés.

Bertrand Bissuel
17:01 En photos
Lors de la mobilisation syndicale, à Strasbourg, le 5 novembre 2026.
Lors de la mobilisation syndicale, à Strasbourg, le 5 novembre 2026.

Un tracteur de la conféderation paysanne ferme la marche du cortège, à Auxerre, 
Lors de la mobilisation syndicale, à Rennes, le 5 novembre 2026.
Lors de la mobilisation syndicale, à Rennes, le 5 novembre 2026.
Lors de la mobilisation syndicale, à Montpellier, le 5 novembre 2026.
Lors de la mobilisation syndicale, à Montpellier, le 5 novembre 2026.

RENNES | Plus de 20 000 manifestants, des dizaines d’interpellations et des syndicalistes attaqués

En tête du cortège à Rennes (Ille-et-Vilaine), plusieurs responsables d’organisations syndicales échangent, inquiets. Il est 16 heures. La situation est très confuse. Faut-il poursuivre le défilé ou appeler à sa dispersion ? Il y a beaucoup de monde dans les rues de Rennes jeudi. La préfecture d’Ille-et-Vilaine annonce une affluence de 20 600 personnes, un record depuis le début de la contestation sociale.

Le cortège a d’abord marché dans une ambiance festive et sereine avant de se figer à 15 heures à proximité de la gare. Les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher l’attaque d’un hôtel haut de gamme. La situation s’est alors brutalement tendue. Selon préfecture, des individus masqués ont « violemment attaqué » des syndicalistes alors que les manifestants reprenaient leur progression. Deux syndicalistes confirment l’attaque au Monde. En témoigne le pare-brise fissuré du camion guidant le cortège.

Les CRS ont chargé et interpellé à la volée des personnes. Ils ont isolé un groupe d’une cinquantaine de présumés fauteurs de troubles. Parmi eux : de personnes vêtues en noir ou de treillis, mais aussi de chasubles syndicales.

A 16 h 30, la manifestation piétine. Le cortège est coupé à plusieurs endroits. Les CRS chargent pour interpeller de nouvelles personnes. Au loin, de nouvelles grenades lacrymogènes éclatent.


La liste des 200 lycées à rénover « en priorité », publiée cette semaine par le gouvernement à l’issue d’une consultation en ligne organisée en octobre, suscite de vives critiques de la part des régions, qui dénoncent une méthode « inacceptable ».


TOULOUSE | Une manifestation dans la confusion

Après plus d’une heure d’un face-à-face avec un important dispositif policier, sur le pont des Catalans qui enjambe la Garonne, la manifestation opère un grand demi-tour, dans la confusion, pour se diriger vers le quartier des Arènes. Selon les premiers chiffres de la préfecture, près de 22 000 personnes composeraient le cortège.

 « contre les injustices sociales : on peut rétablir l’impôt sur la fortune, supprimer les niches fiscales, instaurer la taxe Zucman, bref, arrêtons de parler de dépenses mais parlons de recettes » plus de justice sociale, fiscale, salariale, climatique, éducative », « y’a trop à dire », s’exclame-t-elle.« Quand on voit le climat, le chômage, le capitalisme, la montée de l’extrême droite, l’IA, je ne vois pas comment les jeunes ne peuvent pas être révoltés. Ils devraient nous envoyer nous faire voir d’avoir bousillé leur avenir comme ça ! » 

À l’angle de la rue Oberkampf et du boulevard Voltaire, un groupe de 5 étudiantes en sciences de l’éducation à l’Upec (Créteil), tente de se frayer un chemin pour rejoindre le cortège principal. « On est là pour les lycéens, pour nous, pour les travailleurs, contre l’extrême droite », résume Elisa, 22 ans, tandis que slogans et musique se mélangent dans un joyeux brouhaha autour d’elles.

« J’ai vu des policiers sourire en mettant leur casque, ils nous disaient de partir par telle rue mais elle était fermée », témoigne Erika.

Charlotte Bozonnet

RENNES | La préfète dénonce des « violences inacceptables » commises ce jeudi matin

La préfète d’Ille-et-Villaine, Emmanuelle Dubée, a déploré la présence d’« un groupe hostile d’individus masqués (…) en avant du cortège » à Rennes ayant commis des dégradations, dans un post sur X publié à 14 h 44. Vers 15 h 20, notre correspondant sur place, Benjamin Ketlz, rapportait des « affrontements » et une « situation très confuse » avec des charges et des arrestations.

Ce jeudi matin, la préfète communiquait que des « violences urbaines » étaient en cours dans la préfecture bretonne avec des tentatives d’installation de barricades dans des rues. « Des feux de poubelles ont été allumés sur la voie publique devant plusieurs lycées » et des « actes de violence particulièrement graves, par des jeunes gens souvent accompagnés d’adultes, ont été commis envers les forces de sécurité intérieure qui ont notamment fait l’objet de jets de boules de pétanque devant le lycée Bréquigny ». Mme Dubée a dénoncé « fermement ces violences inacceptables ».

1

PARIS | Le cortège bloqué en raison « des dégradations commises par des individus cagoulés sur le boulevard Voltaire », selon la Préfecture de police


Le cortège a été bloqué en raison « des dégradations commises par des individus cagoulés sur le boulevard Voltaire », selon la Préfecture de police de Paris, qui a nécessité l’intervention des policiers. La marche a repris, de même source.

Selon un de nos journalistes suivant la manifestation, la tête du cortège arrive doucement sur la place de la Nation. Des CRS sont positionnés autour du terre-plein où se trouve la statue, au centre de la place. Le cortège syndical est encore très loin, selon lui.

J

MARSEILLE | Tensions depuis le milieu de l’après-midi ; tirs de gaz lacrymogènes et de mortiers d’artifice

Depuis le milieu de l’après-midi, quelques dizaines de jeunes manifestants, repoussés hors du centre-ville par les forces de l’ordre, se déplacent dans les rues autour du quartier de La Plaine à Marseille reversant les poubelles, les incendiant et improvisant des miniblocages.

Plusieurs tirs de gaz lacrymogènes ont été effectués pour disperser un groupe posté boulevard Chave, à l’entrée de la place Jean Jaurès. Les forces de l’ordre repoussent peu à peu les manifestants qui ripostent avec des mortiers d’artifice. La place est noyée dans un nuage de gaz.


Lors de la manifestation à Nantes, le 5 novembre 2026.
Lors de la manifestation à Nantes, le 5 novembre 2026.
Lors de la manifestation à Lyon, le 5 novembre 2026.
Lors de la manifestation à Lyon, le 5 novembre 2026.

D’après nos journalistes sur place, le cortège est coupé au niveau du métro Charonne, sur le boulevard Voltaire. Un black bloc s’est formé à ce niveau-là et les forces de l’ordre chargent, selon nos reporters.

Sur la place de la République, une foule de plus en plus compacte est bloquée depuis plus d’une heure, incapable de rejoindre le boulevard Voltaire. Les chars de la CGT tentent de faire patienter la foule avec de la musique. Certains tentent de se frayer un chemin, en vain. Au-dessus, un hélicoptère surveille la foule.


Si la composition du mouvement social est composite, les revendications exprimées sont relativement similaires, nourries par un sentiment commun de déclassement et d’appauvrissement. Une paupérisation loin de n’être qu’un simple ressenti, comme le montrent les statistiques.

Le candidat Place publique et Parti socialiste a quitté la manifestation parisienne sans avoir pu avancer, après quasiment une heure d’affrontements verbaux face à des militants « insoumis » qui applaudissent son départ. « S’il y a des militants politiques qui sont hostiles à notre présence, je m’en fous, je m’en contrefous », avait-il déclaré quelques dizaines de minutes auparavant à la presse, après être arrivé sous les sifflets et slogans hostiles.

Depuis le début de sa campagne, celui qui a remporté la primaire sociale-démocrate peine à se rendre dans les manifestations, où il est régulièrement pris à partie par des militants de gauche radicale, et dénonce un « harcèlement » de La France insoumise.

Grève du 5 novembre : les images des manifestations partout en France

Des manifestants se rassemblent place de la République, à Paris, le 5 novembre 2026, dans le cadre d’une journée d’action nationale marquée par des grèves syndicales et des manifestations étudiantes qui secouent le pays depuis des semaines. Le mouvement lycéen, né de la contestation des jeunes contre des conditions d’apprentissage déplorables, a rejoint une colère plus large face à la hausse du coût de la vie et aux inégalités ; une situation qui a culminé, le 17 octobre 2026, avec les pires émeutes que la France ait connues depuis des années. (Photo de GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Mobilisations sociales : « Les forces de l’ordre robocopisées et les black blocs en noir alimentent une dramaturgie de l’affrontement »

A la fin de la manifestation du 24 octobre 2026, les forces de l'ordre chargent des manifestants sur le cours de Vincennes, à Paris.


Nessun commento:

Posta un commento