martedì 13 ottobre 2026

pc 13 ottobre - Ancora in piazza e in lotta gli studenti francesi, verso la grande mobilitazione nazionale di sabato 17

 il governo oppone la repressione in difesa del  'l’ordre républicain'

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mouvement lycéen : 480 000 personnes ont manifesté aujourd'oui en France, selon l’intersyndicale de la jeunesse

Mardi dernier, lors d’une précédente journée de manifestations, entre 266 000 (selon les autorités) et 450 000 manifestants (selon les organisateurs) avaient été recensés dans l’Hexagone, dont entre 56 000 et 100 000 à Paris.


ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »

A Lyon, des syndicalistes et parents d’élèves frappés par la police, une banderole syndicale arrachée, un photographe agressé

Émaillée de sérieux incidents, et interrompue avant son terme, à cause d’une centaine d’individus violents, sur 11 000 participants selon la préfecture, la manifestation de Lyon a été le théâtre de violences policières inédites.

« Plusieurs membres du service d’ordre du SNES-FSU, bien identifiables avec leurs chasubles, ont été frappés lors de charges policières », indique François Jandraud, secrétaire départemental du SNES-FSU, présent sur place. Selon le responsable départemental, un enseignant du syndicat a été admis aux

urgences, « après un coup de matraque sous l’œil ». Son état n’inspire plus d’inquiétude, mais la scène a fortement choqué les enseignants et l’intersyndicale, mise au courant de l’événement.

Un peu plus tard, une banderole syndicale a été arrachée par les policiers et plusieurs parents de la FCPE ont subi des coups, rapportent au Monde plusieurs sources syndicales. « De mémoire syndicale, on n’a jamais vu la confiscation d’une banderole, c’est un climat inquiétant », commente François Jandraud.

Les faits se sont produit cours Lafayette, à l’entrée de Villeurbanne, alors que la tête du cortège était perturbée par un groupe de cent à deux cents individus qui cassaient mobilier urbain, caméras de surveillance, vitrines de banques et d’assurances, et jetaient des projectiles sur les forces de l’ordre. Dans ce groupe qualifié de black-bloc, un individu a violemment agressé un photographe professionnel, en tentant de lui jeter un pavé sur la tête, à bout portant. Le journaliste a pu esquiver à la dernière seconde, selon plusieurs témoins autour de lui. Il n’a pas été blessé mais le geste a inquiété les professionnels chargés de rendre compte du mouvement social.

Les incidents ont interrompu plusieurs fois l’avancée du cortège pourtant festif et animé. Le préfet de région Etienne Guyot a décidé de donner l’ordre de dispersion avant la fin du parcours, en début d’après-midi, au moment où le groupe de tête a commencé à casser des pompes d’une station-service. La préfecture a dénombré 9 interpellations et 4 policiers et gendarmes blessés.

480 000 personnes ont manifesté mardi en France, selon l’intersyndicale de la jeunesse

Environ 480 000 personnes ont manifesté partout en France mardi, nouvelle journée de mobilisation des lycéens, a affirmé l’intersyndicale des organisations étudiantes et lycéennes dans un message transmis à la presse.

Mardi dernier, lors d’une précédente journée de manifestations, entre 266 000 (selon les autorités) et 450 000 manifestants (selon les organisateurs) avaient été recensés dans l’Hexagone, dont entre 56 000 et 100 000 dans la capitale.

A Lyon, 11 000 personnes ont manifesté selon la préfecture, tandis qu’à Marseille, elles étaient 3 800 personnes selon la police (35 000 selon la CGT). La manifestation à Rennes a quant à elle réuni 7 300 manifestants selon la préfecture. Les chiffres des cortèges parisiens, toujours en marche, ne sont pas encore connus

« L’ordre républicain, c’est quand on interpelle des casseurs et des délinquants », se défend Laurent Nuñez

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a été interpellé mardi après-midi pendant les questions au gouvernement par le député socialiste Marc Pena au sujet des gardes à vue des lycéens mobilisés. « Quand les manifestations se déroulent de manière pacifique, il n’y a pas d’intervention de police, il faut le marteler », s’est-il défendu, ajoutant : « Quand il y a des violences, quand il y a des exactions, quand il y a des professeurs qui sont pris à partie, quand il y a des intrusions violentes dans les lycées, alors, oui, il y a des interpellations, oui, il y a des gardes à vue. »

Le ministre a également expliqué pourquoi certaines gardes à vue ne sont pas suivies de poursuite. L’infraction « de groupement constitué en vue de commettre des violences » est « parfois compliquée [à] établir », a-t-il souligné. « Pour autant, est-ce que cela doit excuser ces violences ? », s’est-il interrogé : « Certainement pas. » « L’ordre républicain, c’est quand on interpelle des casseurs et des délinquants », a encore affirmé Laurent Nuñez, avant de tancer M. Pena : « Dans la bouche d’un député socialiste, je ne peux pas entendre ce genre de critiques. C’est inacceptable. »

Trente-six enquêtes ouvertes par l’IGPN depuis le début de la mobilisation lycéenne

Trente-six enquêtes ont été ouvertes à ce stade par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), « la police des polices », pour des faits présumés commis depuis le début du mouvement lycéen, a fait savoir une source policière à l’Agence France-Presse.

Depuis le début de la contestation lycéenne, mi-septembre, plus de 200 lycéens ont été blessés, de même que plus de 800 policiers et gendarmes et 147 personnels de l’éducation nationale.

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